Accueil

Accueil


 

 

Émission radiophonique

Un écrivain et ses photos : Marguerite Yourcenar
Michèle GOSLAR et Jacques LEMAIRE

Pour écouter l'enregistrement, cliquez sur le titre

 

 

Revue n° 9 :
Les marginalismes

Toile@penser

De la marginalité philosophique
en milieu technoscientifique

Gilbert HOTTOIS
Professeur à l’ULB.

1. La grande marginalité classique

     Il y a une marginalité que la philosophie a revendiquée depuis toujours, qui lui est, en quelque sorte, consubstantielle, et qui est en même temps éminente : c’est la marginalité de la liberté, de la raison, de la recherche de la vérité. Le mythe platonicien de la caverne nous offre le paradigme. Le philosophe est celui qui s’échappe de la caverne, lieu d’ombres, d’apparences et de servitude. Il va au grand jour libre de la vérité. Mais lorsqu’il en revient et qu’il veut parler aux autres de ce qu’il a vu, il balbutie, tient des propos qui paraissent insensés et se comporte gauchement dans le monde obscur qu’il avait quitté: le monde concret, pratique et quotidien, le faux réel de la doxa, du sens commun. Et les autres se moquent de ce marginal embarrassé.

     Dès Parménide, « père de la philosophie », la philosophie s’affirme comme para-doxale, en rupture de sens commun. Lorsque cette marginalité apparaît dangereuse à l’ordre établi, lorsqu’elle menace ce que l’on appelle aujourd’hui l’idéologie dominante, la vie même du philosophe peut être mise en danger. Socrate, le premier, a couru ce risque. Toute l’histoire de la philosophie, de Bruno à Spinoza ou à Nietzsche, est scandée de grandes figures marginales ayant, éventuellement, payé plus ou moins cher leur rupture paradoxale. Même Descartes fut un marginal, lui qui s’imposa contre la philosophie scolastique dominante à l’époque.

     Cette marginalité – qui est aussi celle de tous les génies porteurs d’avenir et qui n’est donc pas propre à la philosophie – est une marginalité valorisée. Une marginalité à la fois inévitable et pourtant contingente ; elle s’affirme contre le règne de l’apparence, des fausses vérités communes, de l’opinion et de l’irraison. Elle ne relève d’aucun culte ou d’aucun snobisme de l’être-en-marge par parti-pris ; elle ne participe pas de la volonté narcissique de l’originalité à tout prix. Elle n’est que la conséquence d’une recherche de la vérité, d’une volonté de questionnement et de critique qui n’admet a priori aucune limitation, aucun tabou. La philosophie ne vise pas la marginalité pour la marginalité : elle vise la vérité et se trouve – toujours au moins un temps – marginalisée par les vérités établies, pétrifiées et désanimées.

Pour lire la revue, cliquez ici

 

 

 

 

 

 

Cannabis, réglementons !

Vers un changement de paradigme
en matière d’addiction ?

Martin DE DUVE
Directeur d’Univers santé, expert en santé publique

     Voici Göbekli Tepe, c’est un petit monticule d’une quinzaine de mètres de haut à sept cent cinquante mètres d’altitude au sud de la Turquie. C’est un site archéologique qui a été mis à jour par des archéologues allemands très récemment et qui date de dix mille ans avant Jésus-Christ, soit qui a environ douze mille ans. C’est un âge impressionnant, mais qui est encore plus extraordinaire lorsqu’on le compare à d’autres repères historiques. C’est, par exemple, sept mille cinq cents ans avant la pyramide de Khéops ; c’est sept mille ans avant Stonehenge ; c’est cinq mille cinq cents ans avant les alignements de Carnac et évidemment douze mille ans avant l’arrivée de la Belgium sur le marché cet été.

Qu’a-t-on trouvé à Göbekli Tepe ?

     On y a trouvé de nombreux ossements d’animaux et beaucoup d’oxalate de calcium produit lors du brassage et dont les traces persistent en nombre dans les contenants retrouvés sur le site. L’hypothèse faite par les archéologues allemands, c’est que Göbekli Tepe était un haut lieu festif. Il fautsavoir qu’il y a douze mille ans, l’homme n’était pas encore sédentaire, il était encore nomade, l’homme était encore un chasseur-cueilleur et Göbekli Tepe servait de lieu de rassemblement. L’oxalate est un ion que l’on retrouve à l’état naturel dans différentes racines de plantes lié au calcium ou au potassium. Sa découverte dans les racines d’oseille lui a donné son nom. Il est présent également dans la betterave, la rhubarbe et toute la famille des oxalis. Ses propriétés sont surtout décolorantes, détartrantes et détachantes : il est notamment efficace sur les taches d’encre, de vernis ou de rouille. Associé au calcium, il est retrouvé dans les urines où il est à l’origine des calculs rénaux. Cela démontre bien que l’envie de modifier son état de conscience ne date pas d’hier.

     Depuis la nuit des temps, l’homme a cherché à modifier son état de conscience. Il y a douze mille ans, on trouve des traces de consommation d’alcool en grande quantité. Sept mille ans avant Jésus-Christ, on trouve des traces de consommation d’hydromel. Il y a deux mille sept cents ans, mais il semblerait que, récemment, on ait trouvé des traces encore plus anciennes de consommation de cannabis en Chine. Il y a deux mille cinq cents ans, la feuille de coca était déjà consommée dans les Andes. Aux alentours de l’an zéro, les orgies romaines étaient l’occasion de consommer du vin en grandes quantités. En 1432, l’Université catholique de Louvain a six ans et le recteur se plaignait déjà du retour bruyant des étudiants en fin de soirée. En 1839, on assiste aux prémices d’un changement de paradigme, c’est la guerre de l’opium : c’est-à-dire qu’à ce moment-là il y a un déficit de l’alliance commerciale avec la Chine et l’Angleterre décide d’inonder les ports chinois d’opium. Cette inondation d’opium a déséquilibré la société chinoise au point qu’il a fallu que les Chinois ouvrent leurs ports et cela a abouti aux premiers prémices des changements de législation en matière de drogues. En 1969, c’est Woodstock et ses excès et, en 2018, la Belgium.


Pour en lire davantage, cliquez ici

 

Pour vous abonner à nos Dernières nouvelles,cliquez ici.

         

                                #LaPenséeetlesHommes

 

 

Avec le soutien du ministère de la Communauté française
Association reconnue d'éducation permanente par la Communauté française

 

Enregistrer

Enregistrer



<< Mai 2018 >>
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31  

 


2018 - REVUE 112

FRANCS-PARLERS
2018

 


2019 - REVUE 113

FRANC-MAÇONNERIE ET MUSIQUE
HOMMAGE À PAUL DANBLON

 

Design by panda - Powered by CMSimple-xh