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Émission radiophonique

Mais qui sont ces Illuminés ?
Philippe LIÉNARD et Jacques LEMAIRE

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Revue n° 9 :
Les marginalismes

Toile@penser

De la marginalité philosophique
en milieu
technoscientifique

Gilbert HOTTOIS
Professeur à l’ULB.

1. La grande marginalité classique

     Il y a une marginalité que la philosophie a revendiquée depuis toujours, qui lui est, en quelque sorte, consubstantielle, et qui est en même temps éminente : c’est la marginalité de la liberté, de la raison, de la recherche de la vérité. Le mythe platonicien de la caverne nous offre le paradigme. Le philosophe est celui qui s’échappe de la caverne, lieu d’ombres, d’apparences et de servitude. Il va au grand jour libre de la vérité. Mais lorsqu’il en revient et qu’il veut parler aux autres de ce qu’il a vu, il balbutie, tient des propos qui paraissent insensés et se comporte gauchement dans le monde obscur qu’il avait quitté: le monde concret, pratique et quotidien, le faux réel de la doxa, du sens commun. Et les autres se moquent de ce marginal embarrassé.

     Dès Parménide, « père de la philosophie », la philosophie s’affirme comme para-doxale, en rupture de sens commun. Lorsque cette marginalité apparaît dangereuse à l’ordre établi, lorsqu’elle menace ce que l’on appelle aujourd’hui l’idéologie dominante, la vie même du philosophe peut être mise en danger. Socrate, le premier, a couru ce risque. Toute l’histoire de la philosophie, de Bruno à Spinoza ou à Nietzsche, est scandée de grandes figures marginales ayant, éventuellement, payé plus ou moins cher leur rupture paradoxale. Même Descartes fut un marginal, lui qui s’imposa contre la philosophie scolastique dominante à l’époque.

     Cette marginalité qui est aussi celle de tous les génies porteurs d’avenir et qui n’est donc pas propre à la philosophie est une marginalité valorisée. Une marginalité à la fois inévitable et pourtant contingente ; elle s’affirme contre le règne de l’apparence, des fausses vérités communes, de l’opinion et de l’irraison. Elle ne relève d’aucun culte ou d’aucun snobisme de l’être-en-marge par parti-pris ; elle ne participe pas de la volonté narcissique de l’originalité à tout prix. Elle n’est que la conséquence d’une recherche de la vérité, d’une volonté de questionnement et de critique qui n’admet a priori aucune limitation, aucun tabou. La philosophie ne vise pas la marginalité pour la marginalité : elle vise la vérité et se trouve toujours au moins un temps marginalisée par les vérités établies, pétrifiées et désanimées.

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Pourquoi l’athéisme et pas l’agnosticisme ?

Patrice DARTEVELLE

 

          Au plan historique, athéisme et agnosticisme ont une origine commune, l’Athènes du Ve siècle avant Jésus-Christ. Cependant, si le mot « athée » est bien créé à cette époque, pour l’agnosticisme, seul le concept existe indubitablement, mais pas le mot.

Protagoras

          En effet, Protagoras (environ 490-420 avant Jésus-Christ) propose très tôt une théorie de la connaissance qui fonde son agnosticisme.

          Le premier des sophistes, célèbre en son temps (Platon décrit l’effervescence lors d’un retour de l’Abdéritain à Athènes), a écrit une phrase qui est le paradigme de départ de l’agnosticisme.

          Elle provient de son ouvrage Sur les dieux qui est perdu, mais qui est cité par plusieurs sources avec parfois de légères différences (Platon, Théétète 162 d ; Cicéron, De Natura deorum, i, xxiii, p. 63 ; Eusèbe, Préparation évangélique, xiv, p. 3, p. 7 ; Sextus Empiricus, Contre les physiciens, i, pp. 55-56).

          Suivons Sextus Empiricus et Eusèbe qui ajoute la seconde phrase :

« Des dieux je ne puis dire ni qu’ils existent, ni qu’ils n’existent pas, ni quels ils sont quant à leur forme. Car nombreux sont les obstacles à ce savoir, leur invisibilité et la brièveté de la vie humaine. »

          Au lieu de « invisibilité », on traduit parfois par « l’obscurité de la question. »

          La formule s’inscrit dans la philosophie des sophistes.

          Le livre Sur les dieux est le premier des Antilogies. Les Antilogies sont l’expression de la théorie sophistique sur l’existence de deux discours sur toutes choses, deux discours qui se contredisent ou qui s’annulent.

          Cette position se concrétise par l’autre formule protagoréenne célèbre utilisée par Sextus Empirucus, reprise par Platon qui, en outre dans Les Lois, 716C, la reprend sous la forme d’une contradiction trait pour trait « Or, pour nous la divinité doit être la mesure de ‘ toutes choses ’ ».

          Protagoras veut que l’homme soit mesure de toutes choses, de l’existence de celles qui existent et de la non-existence de celles qui n’existent pas.Un commentateur chrétien, Didyme l’Aveugle, explique plus longuement le point de vue de Protagoras. Pour celui-ci, pour des choses qui sont, l’être consiste dans l’apparaître : « Pour toi qui es présent, j’apparais assis ; à celui qui est absent, je n’apparais pas assis : que je sois assis ou que je ne le sois pas est obscur » ou encore « En moi qui suis sain, il y a une perception du miel comme étant doux, alors qu’il est perçu comme amer par un autre qui est malade : qu’il soit doux ou amer est donc obscur ».

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                                #LaPenséeetlesHommes

 

 

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