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 Revue numérisée

Toile@penser

Laïcité, libre-pensée et humanisme

Paul Danblon
Journaliste

Essai de définition de quelques mots-repères

Ne vous attendez pas, de la part d’un journaliste, à autre chose qu’à quelques idées générales, simples, simplistes peut-être même, et dont la seule vertu  – éventuelle  – sera de préciser quelques termes dont, vraisemblablement, il sera fait fréquemment usage au cours de ces deux journées. Mais, qui s’embarque dans le jeu de dire tout de même ce qui va sans dire en arguant de l’idée que cela va encore mieux en le disant prend bien sûr le risque d’enfoncer quelques portes ouvertes.

Ce risque, nous le prendrons ensemble, à nos périls respectifs.

Les mots, nous le savons, sont des pièges, mais dont nous ne pouvons faire l’économie. Il convient dès lors, autant que faire se peut, d’en préciser le sens, soit de manière directive, autoritaire en imposant une convention que les partenaires accepteront par simple commodité, comme on le fait en mathématique en définissant les termes que l’on aura à utiliser par la suite, soit en dressant un constat, c’est-à-dire en donnant la parole à l’usage.

S’en tenir à la première attitude est peu sage : il y a très vite, comme disent les linguistes, glissement sémantique et, qui plus est, en sens divers : les mots changent de sens sans nous en avertir au point qu’on en arrive, sans crier gare, à user d’un même mot en lui donnant des sens divers, parfois éloignés, parfois même contradictoires selon qui le prononce. Le pire est que l’on évoque en fait des concepts différents, alors qu’on croit parler de la même chose. S’en référer à l’usage – au bon usage dirait Grevisse – évite au moins l’illusion d’un consensus qui n’existe pas ou guère, car on constatera bien vite qu’il n’y a pas un usage, mais des usages, que les mots ont plusieurs sens et que, puisqu’il en est ainsi, il vaut mieux le savoir et en tenir compte. Quand ce sera possible, on proposera un sens « majoritaire », celui reçu par le plus grand nombre ou, mieux, par ceux qui, en principe, ont les idées claires sur la question, ou tout au moins l’affirment.

Voici le petit jeu auquel je vous invite pendant quelques minutes.

Je considère une constellation de mots qui, vus de loin, pour un observateur pressé, peu exigeant ou dont les catégories mentales sont un peu trop rigides, sont pratiquement synonymes : laïc, libre-penseur, libre exaministe, agnostique, athée, incroyant, non-croyant (il paraît qu’il y a une nuance), rationaliste, humaniste, progressiste, franc-maçon, intellectuel de gauche », etc. Pour par exemple, l’intégriste catholique à la Mgr Lefèvre, tout çà c’est bonnet blanc et blanc bonnet, puisque cet ensemble s’oppose, dans son ensemble, c’est le cas de le dire, au monde des croyants purs et durs. Mais nous aurons plus d’exigence et réclamerons quelques nuances.

La première idée qui vient est évidemment de se référer au sens étymologique. C’est un bon point de départ, mais ce n’est que cela  : toujours le glissement sémantique ! Il sera utile de procéder comme on le fait en phonologie où un phonème se précise par opposition à un autre phonème, ou en linguistique où un mot prend son sens par opposition à un ou plusieurs autres mots.
  

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Obsolescence programmée : pratique et lutte

 

Les différents types d’obsolescence

Libres propos de Pauline Munten

 

Je suis doctorante à l’Université catholique de Louvain, et dans le cadrede mon doctorat, qui se fait en marketing, j’étudie toutes les questions relatives à l’obsolescence : pas uniquement l’obsolescence programmée, mais aussi les formes psychologiques de l’obsolescence. En rapport avec cela, je suis intéressée par les différentes solutions potentielles, mais surtout, et aussi comment les consommateurs vont pouvoir prendre en considération et réagir à ces différentes solutions. 

L’obsolescence n’est pas un nouveau phénomène. Les premiers signes d’obsolescences remontent aux années 1920. Le cartel Phoebus, aux États-Unis, a participé à l’un des actes qui sont reconnus comme l’un des premiers signes d’obsolescence programmée : les fabricants d’ampoules s’étaient réunis pour déterminer que les ampoules auraient une durée devie qui serait de mille heures au lieu de plus de deux mille heures comme c’était le cas auparavant. 

Après ce phénomène, il y a un ensemble d’autres actions programmées qui sont reconnues. Un cas tout aussi connu est celui des bas en nylon qui vont filer de plus en plus vite avec, là aussi, des fabricants qui vont se décider à limiter la durée de vie de ces produits. 

Ces pratiques vont considérablement se développer avec, souvent, un argument derrière qui est la croissance économique, les périodes de crise et les périodes de chômage. Par conséquent, on a besoin de relancer l’économie. Et comment relancer l’économie ? C’est en relançant la consommation et, pour ce faire, il faut des produits qui cassent afin qu’ils soient renouvelés.

Avec ces pratiques, on va développer de nouvelles formes  –, des formes plus sophistiquées –, d’obsolescences, que l’on appelle plutôt des obsolescences psychologiques. Il n’y aura pas une perte réelle de la valeur du produit, mais plutôt une perte perçue dans la tête des consommateurs qui vont être persuadés que leurs produits sont moins esthétiques, que leurs produits n’ont pas les derniers ajouts technologiques… Ils vont donc penser que leurs produits sont moins bien que les dernières nouveautés et vont vouloir les remplacer.

Il y a différentes définitions de l’obsolescence qui peuvent être expliquées.

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