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    Bruxelles, le samedi 3 octobre 2020.

 

Très chers et chères Amis et Amies de La Pensée et les Hommes

À la suite du dernier Conseil d’administration de La Pensée et les Hommes, qui s’est tenu en nos locaux le vendredi 2 octobre 2020, et à mon élection en qualité de Président du Conseil d’administration, je tiens à remercier les administrateurs chaleureusement de la confiance qu’ils m’ont témoignée. J’adresse aussi mes remerciements aux membres de l’Assemblée générale qui ont témoigné de leur confiance à l’endroit de notre Conseil.

Notre ASBL est un fleuron de la vie culturelle belge en général et laïque en particulier. Pour de nombreuses personnes, elle brille tel un phare guidant ceux et celles qui sont épris de liberté. Durant de nombreuses années, elle a été la voix de la pensée libre, du libre-examen, de la raison, dans un monde où ces idées n’étaient pas communément partagées. Notre ASBL fut de tous les combats visant à émanciper l’humain des aliénations et déterminismes que les tenants d’idéologies diverses font peser sur le champ des consciences. Elle soutient que la raison ne peut s’accommoder de la volonté de puissance, que la pensée ne doit jamais se soumettre.

Si les ennemis de la liberté ont changé, chacun conviendra, ne fût-ce qu’en jetant un œil fugace sur de nombreux médias contemporains, que les enjeux sont demeurés les mêmes. Sitôt la tête de l’hydre coupée, d’autres repoussent, de sorte qu’à défaut d’avoir la prestance musclée d’Hercule, nous nous devons de poursuivre le combat. Les ennemis sont certes au dehors, l’ambition et le fanatisme animent toujours des mouvements liberticides traversés par des idéologies diverses ; les ennemis sont parfois à l’intérieur, car les passions qui taraudent l’esprit humain ne sont l’apanage ni d’un camp, ni d’une chapelle, ni d’une école.

Modestement, mais fermement, nous sommes à un tournant de l’histoire où nous devons témoigner du caractère universel des idées que nous défendons. Jean Verdun soulignait que la caractéristique des constructeurs médiévaux est de transformer le paysage. En effet, là où ils étaient passés, le monde n’était plus le même. Si l’on s’inspire de cet exemple, il ne s’agit donc pas uniquement de participer à une quête philosophique et de transmettre des valeurs, bref de chérir narcissiquement ses idées sous leurs formes variées, mais bien de laisser une trace attestant que nous avons œuvré pour améliorer le monde. Transformer le paysage. Il s’agit donc d’oser et d’accepter : oser aller de l’avant dans l’espérance d’une humanité meilleure, dans la logique d’un progrès possible de l’humanité ; accepter la critique dans le sens élargi du terme, l’accueillir et en tenir compte si elle est fondée. Bref s’engager dans une dynamique qui ne fait sens que si, à leur tour, les suivants reprennent les outils et poursuivent l’effort entrepris sur le chantier.

La Pensée et les Hommes, forte de son expérience, est résolument tournée vers l’avant. Si elle ne transigera pas sur la liberté de conscience et le libre-examen, fidèles aux idéaux de ses fondateurs, elle est ouverte à la diversité, au dialogue, à la quête du bien commun. Elle est, et compte rester, plus que jamais un lieu d’écoute et d’ouverture. C’est l’humain et les liens qui les unissent, qui mobilisent toutes nos énergies. Nous laissons donc à la fureur du monde le soin de cultiver les idéologies, trop souvent meurtrières selon Amin Maalouf, pour privilégier le rapport à l’Autre. Les mots valent peu de choses s’ils ne sont étayés par des intentions et concrétisés par des actes. À quoi bon disserter sur la diversité, le dialogue, l’union, l’échange, le partage, la société, l’amitié, l’amour, et le cortège peut être prolongé à l’envi, si nous n’avons aucune volonté d’inscrire ce projet philosophique au cœur de nos préoccupations et actions ?

Qu’il me soit permis de remercier toutes celles et ceux qui ont travaillé à la réalisation et au développement de notre belle ASBL. Au premier chef, notre ami Jacques Lemaire qui s’y est investi sans relâche, perpétuant le projet avec l’intelligence et le sérieux qu’on lui connaît ; tous les administrateurs qui n’ont cessé, chacun selon leurs compétences, d’œuvrer du mieux de leurs forces pour que nos multiples projets aboutissent. Tous les membres du personnel qui ne ménagent pas leurs efforts mettant leurs compétences au service des multiples projets. Au regard de nos émissions télévisées et radiophoniques, de nos publications sous leurs formes multiples, ils ont tout lieu d’être fiers de ces réalisations exceptionnelles.

Permettez-moi donc, histoire de faire sourire l’espace d’un moment en guise de conclusion, d’évoquer un petit garçon de cinq ans qui, il y a cinquante-quatre ans déjà, écoutait sans y comprendre rien, des émissions étranges qui suivaient celles destinées aux enfants de son âge. Il n’y avait qu’une chaîne, comme on le disait à l’époque, et il n’avait ni le pouvoir, faute de l’outil, ni le loisir, faute de choix, de zapper… L’émission, c’était La Pensée et les Hommes ; l’enfant écrit ces lignes. Étrange aventure. Le temps est passé, le projet demeure.

En avant !

Avec toute mon amitié,

Baudouin DECHARNEUX
Président de La Pensée et les Hommes

 

Émission radiophonique 

Comprendre la société d'aujourd'hui grâce aux penseurs du passé

Pythagore

Pour écouter l'enregistrement, cliquez sur la couverture 

 Revue numérisée n° 10

Toile@penser

Quelle religion pour la Révolution ?


Prêtres assermentés, prêtres réfractaires

Les attitudes du Clergé pendant la Révolution


Alain LOTTÏN

Professeur d’Histoire moderne à l’Université de Lille III
Président de l’Université Charles de Gaulle (Lille III)


À celui qui s’intéresse à l’histoire d’une ville ou d’un village de France pendant la Révolution, il apparaît que la question religieuse tient une place considérable. Les choix des auteurs de ces ouvrages n’y sont certes pas étrangers. Mais indiscutablement, ceci correspond à une réalité profonde. Le conflit religieux provoqué par la Révolution a marqué durablement l’histoire et la psychologie collective françaises.

Pourtant, au printemps 1789, on pouvait difficilement parler en France de question religieuse. Les Cahiers de doléances posaient des problèmes importants à propos de l’Église, du système bénéficial et du haut clergé, mais ils ne mettaient pas en cause la religion catholique. Or, deux ans plus tard, non seulement l’Église, mais aussi la population sont coupées en deux : il existe désormais en France une question religieuse et, avec les guerres, celle-ci est exportée dans d’autres pays d’Europe, notamment dans l’actuelle Belgique. Et lorsque le Concordat (1801) semble clore ces temps tumultueux, rien n’est plus comme avant. La puissance économique, le rôle politique et social de l’Église sont considérablement amenuisés. À un clergé de bénéficiers indépendants a succédé un corps de prêtres fonctionnaires beaucoup plus dépendants non seulement de l’État, mais de la hiérarchie ecclésiastique. Une Église nationale réputée pour son gallicanisme farouche évolue vers l’ultramontanisme. La déchristianisation et les conflits ont laissé dévastations et mines ; mais plus graves et plus durables sont les conséquences de ces événements sur les mentalités et les esprits. La majorité du clergé et des élites catholiques en France va conserver longtemps une hostilité ou une méfiance profonde à l’égard des institutions et des principes hérités de la Révolution.

Dans cette brève étude, nous allons essayer de montrer, et si possible d’expliquer, comment et pourquoi s’est produite cette fracture de l’Église en  France. La Constitution civile du clergé et le serment d’allégeance à celle-ci sont à l’origine de la déchirure.

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Sommes-nous des samouraïs ?

Baudouin DECHARNEUX 
Membre de l’Académie royale de Belgique,
Professeur à l’Université libre de Bruxelles



Introduction - Nous ne sommes pas des reconstituants

Tous les responsables de dojo le savent, ce sont massivement des mythes qui amènent les personnes à débuter le kendo. À la différence d’arts martiaux comme le judo, le karaté, l’aïkido où un certain nombre de pratiquants commencent leur cheminement en imaginant apprendre à se défendre, voire tout simplement à pratiquer un sport pour sa santé, l’art du sabre, au sens large, mobilise d’entrée de jeu les imaginaires. Aussi, peut-on soutenir la thèse que c’est un ressort de type « mythique » qui attire le futur pratiquant vers le dojo. Kill Bill ou de l’art de saucissonner son prochain, Le Dernier samouraï où de l’art américain d’apprendre aux Japonais ce qu’est le Japon, d’innombrables mangas « très tendance », des bandes dessinées en pagaille, et le nombre de débutants monte en flèche. Il est vrai dirons les méchantes langues qu’on parle en unités plutôt qu’en dizaines… Pour les « intellos » comme votre serviteur, Les Sept samouraïs ou Kagemusha l’Ombre du guerrier , bref Akira Kurosawa, font très bien l’affaire. C’était à la mode, c’est devenu vintage. Un peu de spiritualité style « machin zen pas cher » genre « Ikea bobo », de l’hémoglobine à profusion, une petite barbe ou un chignon… et voici notre nouveau pratiquant en train de s’emmêler dans les nœuds de son Hakama.

Plus sérieusement, il apparaît que le ressort mythique, nous entendons ici le vocable au sens technique, est essentiel. C’est tout un imaginaire qui est mobilisé avant de franchir les portes du dojo ; peut-être sontce ces représentations qui nous portent au fil de la pratique en dépit de l’idée que nous nous faisons de ce cheminement au fil des années. Un fait demeure certain en dépit d’un « certain amour » pour les armes, les batailles, les chevauchées fantastiques et les duels, nous ne sommes pas des reconstituants. Le kendo moderne n’a rien à voir avec des cérémonies visant à commémorer les moments historiques où les fameux samouraïs s’illustrèrent au Japon médiéval et moderne. Sur le plan philosophique, qu’il s’agisse du kendo, de l’iaïdo, du jodo, pour ne citer que ces disciplines principales, il s’agit de vivre ici et maintenant, bref d’être là et non en fuite vers un passé mythique ou un futur radieux. D’un certain point de vue si l’admiration des anciens peut être un moteur pour la pratique – l’idée d’école est en effet essentielle –, il n’en est pas moins vrai que le kendo n’est pas une nostalgie du passé.

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