La Pensée et les Hommes – 10090

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Les Géants de la montagne
Daniel SCAHAISE et Jacques LEMAIRE

 

« Les Géants de la montagne »
Texte de Luigi Pirandello

Préparez-vous  au  lâcher-prise car l'histoire n'en est pas vraiment une et on pénètre avec ce spectacle poétique  dans le monde de l’occulte et de la folie. Cartésiens, abstenez-vous !  Mais au bout de la construction Pirandelesque inachevée, on aura compris l'essentiel. Le credo de Pirandello  proclame  qu'une société sans les Arts deviendrait une chose monstrueuse, dirigée par des géants gloutons et dévoreurs. Pirandello affirme la puissance de l'imaginaire qui anime l'homme et le définit. Sans l'imaginaire, le rêve, l'homme trahit sa nature profonde  et devient un géant grotesque. 

Ilse, comtesse et comédienne, est dans un trouble profond. Sa troupe a été huée, le public a rejeté « La Fable du fils changé », le texte du poète. Le poète s'est suicidé car elle a rejeté son amour pour poursuivre son art de comédienne. Les comédiens décimés parcourent les routes et arrivent sur le flanc de la montagne où ils sont recueillis dans la Villa par le magicien Cotrone entouré d’êtres fantasmagoriques surprenants. Celui-ci déploie devant leurs yeux interdits, les merveilles de son monde magique où l'imagination crée tout. De toutes parts fusent des bribes d'explications à propos du rêve, de la poésie, des cauchemars, de l'esprit versus la matérialité du monde réel.    

Ilse pour sa part,  tient à représenter en public La Fable du fils changé en hommage au poète disparu ou presque, car le revoilà, fruit de l’imagination, tenant sa corde à la main ! La preuve, non ? Il suffit d'imaginer.  Ils donneront la représentation lors d'une noce, chez les Géants invisibles. Cette pièce  est pathétique ressemble à un authentique cauchemar et se termine par la mise à mort de la Poésie. En ce, entendez : tous les Arts. Puisque vous en supprimez un, et les autres s’évanouissent également  étant tous faits de l’étoffe des rêves. Supprimez le rêve et vous tombez dans la brutalité. 

Dans une sorte de transe inoubliable dictée par la peur, Ilse voit les dernières paroles de son plaidoyer déchirant pour la survie de la Poésie, tranchées par le  couperet infernal du sombre rideau de fer qui sépare le théâtre de la vie. Le monde d'Edgar Poe.

 

Mise en scène : Daniel Scahaise Avec Maxime Anselin, Barbara Borguet, Toni D’Antonio, Isabelle De Beir, Gauthier de Fauconval, Jaoued Deggouj, Daniel Dejean, Dolorès Delahaut, Karen De Paduwa, Christophe Destexhe, Bernard Gahide, Stéphane Ledune, Julie Lenain, Bernard Marbaix, Laure Renaud Goud, Sylvie Perederejew,  Hélène Theunissen

Pièce jouée au théâtre des Martyrs du 6 février au 15 mars 2014.



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