Accueil

Accueil


Émission radiophonique 

Comprendre la société d'aujourd'hui grâce aux penseurs du passé

Socrate

Pour écouter l'enregistrement, cliquez sur la couverture 

 Revue numérisée

Toile@penser

Les marginalismes

 

De la marginalité philosophique en milieu technoscientifique

Gilbert HOTTOIS
Professeur à l’ULB

 

1. La grande marginalité classique

Il y a une marginalité que la philosophie a revendiquée depuis toujours, qui lui est, en quelque sorte, consubstantielle, et qui est en même temps éminente : c’est la marginalité de la liberté, de la raison, de la recherche de la vérité. Le mythe platonicien de la caverne nous offre le paradigme. Le philosophe est celui qui s’échappe de la caverne, lieu d’ombres, d’apparences et de servitude. Il va au grand jour libre de la vérité. Mais lorsqu’il en revient et qu’il veut parler aux autres de ce qu’il a vu, il balbutie, tient des propos qui paraissent insensés et se comporte gauchement dans le monde obscur qu’il avait quitté : le monde concret, pratique et quotidien, le faux réel de la doxa, du sens commun. Et les autres se moquent de ce marginal embarrassé.

Dès Parménide, «  père de la philosophie  », la philosophie s’affirme comme para-doxale, en rupture de sens commun. Lorsque cette marginalité apparaît dangereuse à l’ordre établi, lorsqu’elle menace ce que l’on appelle aujourd’hui l’idéologie dominante, la vie même du philosophe peut être mise en danger. Socrate, le premier, a couru ce risque. Toute l’histoire de la philosophie, de Bruno à Spinoza ou à Nietzsche, est scandée de grandes figures marginales ayant, éventuellement, payé plus ou moins cher leur rupture paradoxale. Même Descartes fut un marginal, lui qui s’imposa contre la philosophie scolastique dominante à l’époque.

Cette marginalité – qui est aussi celle de tous les génies porteurs d’avenir et qui n’est donc pas propre à la philosophie – est une marginalité valorisée. Une marginalité à la fois inévitable et pourtant contingente ; elle s’affirme contre le règne de l’apparence, des fausses vérités communes, de l’opinion et de l’irraison. Elle ne relève d’aucun culte ou d’aucun snobisme de l’être en-marge par parti-pris ; elle ne participe pas de la volonté narcissique de l’originalité à tout prix. Elle n’est que la conséquence d’une recherche de la  vérité, d’une volonté de questionnement et de critique qui n’admet a priori aucune limitation, aucun tabou. La philosophie ne vise pas la marginalité pour la marginalité : elle vise la vérité et se trouve – toujours au moins un temps – marginalisée par les vérités établies, pétrifiées et désanimées.

  

Pour en lire davantage, cliquez ici 

 

Quand l’impensé ou l’impensable se révèlent

Marcel VOISIN

Nous avons longtemps nié ou méprisé l’intelligence animale. Notre vanité faisait de l’esprit un privilège humain d’origine surnaturelle. Et voici que se révèle un nouvel impensé, un inattendu impensable : l’intelligence végétale ! Un vrai choc épistémologique qui devrait nous aider à assouplir notre vision et à regarder la réalité en face.

En effet, les définitions usuelles trahissent bien le fait préjudiciable que l’homme est trop volontiers juge et partie, même s’il est prudent de se méfier de l’anthropomorphisme. La leçon empirique de Charles Darwin demeure pertinente : il y a intelligence lorsqu’on observe un comportement intelligent, c’est-à-dire une adaptation adéquate. Ainsi, survivre dans un environnement changeant ou résoudre des problèmes spécifiques dénotent des comportements qu’on peut dire intelligents.

Or, on a observé de ces comportements étonnants chez les végétaux : communication intraspécifique, par exemple pour avertir d’un danger  ; adaptation au souvenir d’un froid excessif ou d’un vent violent ; preuve d’anticipation dans une croissance qu’on pourrait qualifier de raisonnée ; choix judicieux de zones favorables ; coopération intra ou interspécifique, etc.

Voilà des comportements qui suggèrent une cognition, une réponse adaptée à un problème et donc une prise de décision mais… sans cerveau ! D’où l’idée, a priori saugrenue, que les plantes sont leur propre cerveau. Par ailleurs, ne respirent-elles pas sans poumon  ? Ne sont-elles pas des usines biochimiques qui, seules, permettent une transition « naturelle » du minéral à l’animal, autorisant ainsi notre propre vie ? Ce que notre industrie a bien du mal à égaler.

Darwin avait déjà conclu que les fonctions biologiques peuvent emprunter des formes différentes, de même que naguère nous avons découvert que des formes de vie peuvent se passer d’eau ou d’oxygène. Comme nous avons commencé à revoir nos liens avec les animaux, nous devrions aussi les refonder avec le monde végétal. Cela pourrait être très excitant et très fécond au plan philosophique comme à l’égard de l’écologie.

Pour en lire davantage, cliquez ici

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Retrouvez nos revues sur

 

Pour vous abonner à nos Dernières nouvellescliquez ici.

         

                                #LaPenséeetlesHommes

 

 

Avec le soutien du ministère de la Communauté française
Association reconnue d'éducation permanente par la Communauté française

 

Enregistrer

Enregistrer



<< Août >>
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
  1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
31  

 


2019 - REVUE 115

QUEL MONDE POUR DEMAIN ?
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, TRANSHUMANISME...

 


2019 - REVUE 116

LES CULTES À MYSTÈRES

 

Design by panda - Powered by CMSimple-xh